Un site “participatif” comme outil de classe

de | 16 décembre 2008

Le but de ce texte est d’argumenter en faveur de l’utilisation de sites participatifs. Mais il est possible d’appliquer ces constats à un site de type blog dans la limite des possibilités de ce dernier.

 

Un site depuis la classe… Pourquoi ?

Pour apprendre à lire en écrivant tout en continuant à apprendre à écrire en lisant.

Pour se lancer dans des projets, médiatiser des projets lancés, informer les parents et le monde entier de la date choisie pour la fête de l’école …

Pour comprendre les règles et la loi, pour apprendre à respecter l’autre et le droit (d’auteur…)

Pour apprendre à naviguer sur internet en réfléchissant, pour envoyer des courriers électroniques, corriger son texte pour être lu, mettre en page, utiliser des images, du son, voire de la vidéo, bref pour utiliser les TIC. B2I, B2I, B2I,…

Différents scénarios ont été observés et sont faciles d’accès dès le cycle 2, à condition que l’enseignant passe outre certaines résistances liées aux représentations et aux craintes qui en découlent.

 

I Définition :

Qu’est-ce qu’un blog ? (source wikipédia)

Un blog ou blogue (mot-valise de web log) est un site web constitué par la réunion de billets écrits dans l’ordre chronologique, et classés la plupart du temps par ordre ante-chronologique (les plus récents en premiers). Chaque billet (appelé aussi note ou article) est, à l’image d’un journal de bord ou d’un journal intime, un ajout au blog ; le blogueur (celui qui tient le blog) y délivre un contenu souvent textuel, enrichi d’hyperliens et d’éléments multimédias, sur lequel chaque lecteur peut généralement apporter des commentaires.

Et le site participatif ?

Le site participatif est une structure plus complexe permettant à différents blogueurs de publier, débattre sur des thèmes différenciés et hiérarchisés (rubriques).

C’est un site alimenté par plusieurs auteurs formant éventuellement une communauté (éducative, pédagogique, thématique…). Ces auteurs sont ici des classes, voire les élèves eux-mêmes. C’est un site généraliste (fourre-tout) ou un site d’un projet. Il se crée en général à partir d’une structure appelée CMS (Content Managing System) ou SGC (Système de Gestion de Contenus). Ces systèmes présentent deux interfaces : l’une est publique et définit le site lui-même. L’autre est dite privée : elle propose à la fois un bureau personnel pour l’utilisateur et un espace de communication avec les autres utilisateurs. Ces sites peuvent donc avoir donc une double vie : publique à l’instar des autres sites mais aussi privée et reservée à la communauté des auteurs.

 

II Justification :

 

Un site est un lieu d’affichage publique et interactif. Il est une vitrine de la classe, mais aussi un moyen de communiquer avec les parents, les pairs, le monde. Il est surtout un levier (parmi d’autres) pour motiver, stimuler, provoquer des apprentissages. Il permet l’entraide, le tutorat, l’autonomie, la recherche et l’exploration mais aussi la mémorisation de procédures propres aux TIC. Il est un support d’échanges entre pairs (entre élèves) dans un cadre légal soumis à des obligations citoyennes, des contraintes langagières et orthographiques définissant une situation de communication que l’adulte rencontrera ensuite.

 

Au jour-le-jour dans une classe il permet :

 

  • d’inciter, motiver les élèves dans deux activités complémentaires : lire et écrire.
  • de mettre en place des règles d’échanges, de vie, de respect de l’autre en lien avec la citoyenneté.
  • d’apprendre l’utilisation des TIC, en lien avec le B2I, dans un projet cohérent. Une utilisation de toutes les possibilités qu’offre un site ne laisse aucun des 5 domaines du B2I de côté.

 

Comment ?

En lisant :

  • lire pour découvrir les textes des autres;
  • lire pour trouver un contenu particulier;
  • lire pour réagir, donner son avis.

En écrivant :

  • écrire dans le cadre d’une activité collective, de groupe;
  • écrire de façon personnelle et à sa propre initiative.

Mais aussi en trouvant une motivation à le faire :

  • écrire pour être publié (rendu publique);
  • écrire pour réagir.

 

Pourquoi faire un site alors que l’on fait un journal de classe ?

Les deux activités peuvent être menées en parallèle mais le site participatif permet de gommer les problèmes récurrents du journal d’école ou de classe : dépendance du projet vis à vis d’une seule personne (référent technique), rythme de publication opposé à celui de la classe ou en tous cas différents. Le site s’enrichit au fur et à mesure des apprentissages et des projets. Cette accumulation est une mémoire de la vie de la classe, de l’école, du projet.

Pourquoi un site participatif et non un site de classe ?

  • Parce que faire vivre un site est compliqué et lourd. Techniquement, il faut pouvoir l’installer, le modifier pour les besoins d’un cahier des charges, le mettre à jour pour éviter les failles de sécurité.
  • Parce qu’il est un lieu qui doit respecter des règles et la loi et où une vigilance et une réactivité de tous les instants s’imposent.
  • Parce qu’il est plus facile de monter un gros projet que plusieurs petits (démarches de validation auprès de l’IEN, de déclaration éventuelle à la CNIL, de valorisation auprès des parents, de répartition des rôles).
  • Parce qu’un site pour vivre doit être nourri régulièrement… de textes ou de données sous peine d’être un objet figé que l’on ne retournera pas lire après un premier passage.

 

III Difficultés :

 

Dans la vie de la classe: Toute activité peut amener à produire. Mais il existe trois obstacles à la publication :

  • l’idée que se fait l’enseignant du contenu du texte, son jugement sur la valeur « littéraire » ou « informative » de celui-ci. C’est une erreur: le texte produit a l’intérêt pédagogique de la somme d’activités qui a abouti à sa création. Un site scolaire ne peut être lu et vu autrement qu’un lieu d’apprentissage de la lecture, de l’écriture, de la responsabilité face à la loi, du respect de l’autre et des procédures liées au B2I. La seule présence d’un contenu sur un site prouve que ces apprentissages sont envisagées de manière dynamique.
  • les difficultés techniques de tous ordres liées aux compétences réelles ou estimées de l’enseignant. C’est le problème de la maîtrise des procédures liées à la publication sur Internet mais aussi et surtout celui de la représentation de l’enseignant sur sa connaissance de ce monde complexe, technique et potentiellement “dangereux”. Évacuer le dernier point est le plus facile: il suffit de suivre des procédures et des chemins (sites, logiciels) connus et balisés. Par contre, il sera plus difficile d’accepter que ses élèves puisse être les experts techniques d’une activité que l’on ne maîtrise pas et l’adulte enseignant a une confiance très limitée en ses propres capacités à apprendre dans ce domaine (“je suis nul (le)” est le leitmotiv de toute formation TIC )
  • l’accès aux ressources et conjointement l’organisation de la classe. A priori il est impossible d’amener toute une classe à produire pour un site avec un seul ordinateur en fond de classe. D’autant qu’une utilisation autre que celle réservée aux plus rapides des élèves et dont souvent les plus performants (on peut aller devant l’ordinateur quand on a fini son travail) nécessite de repenser l’organisation de la journée de classe, voire la classe elle-même. Cette réorganisation des priorités en classe peut s’avérer complètement rédhibitoire si l’intérêt pour l’enseignant et pour les élèves n’est pas clairement défini.

 

IV Observations :

 

Activités autour du site fréquemment observées :

 

  • Communication ponctuelle vers les parents: voyages scolaires.
  • Communication vers les parents à l’année en cycle 2 (journal de classe).
  • Affichage public de productions « libres »d’élèves.
  • Affichage public d’ateliers d’écriture éventuellement liés à un événement ou à un objectif de classe: Sortie scolaire, expérimentation scientifique, atelier poétique, etc…
  • Affichage public des articles d’un journal scolaire d’école.(en plus de la version papier).
  • Présentation de livres lus ou découverts et surtout: commentaires sur ces lectures.

 

Il existe aussi des possibilités d’utilisation en tant que lecteur seulement :

 

  • Découverte du site puis sélection d’un articles à présenter à la classe (activité langagière de compte-rendu d’un texte lu).
  • La pratique la plus courante consiste à laisser le lecteur se promener sur le site et laisser des commentaires quand il le désire. La règle sera de respecter tant que possible le code (l’orthographe) et de ne pas utiliser un langage SMS.

 

Scénarios observés :

 

En cycle 3 :

Les élèves produisent un texte sur papier en classe, apportent les améliorations liées à la demande de l’enseignant. Celui-ci finalise le texte par un dernier « toilettage » orthographique. Ensuite, l’élève tape son texte et demande sa publication. C’est l’enseignant qui publie après avoir corrigé les erreurs de frappe. En parallèle, les élèves laissent des commentaires sur des textes qu’ils ont appréciés. L’enseignant peut laisser l’élève en autonomie devant l’ordinateur (Il ne peut pas modifier la partie publique) et corriger, valider, commenter au moment où il le peut (on se sort ainsi de “l’urgence” de la réponse à la demande de l’élève). Les modifications successives du texte en fonction des demandes de l’enseignant peuvent éventuellement se faire sur le site et l’élève peut aussi terminer ou compléterson travail depuis un ordinateur personnel chez lui (toujours sans risque pour la partie publique). En effet, ces sites dynamiques proposent un bureau virtuel personnel sur lequel il est possible de laisser un travail inachevé en l’état.

 

En cycle 2 :

En général, activité langagière à partir d’activités ou sur support photo, suivie d’un travail d’écriture (écriture commune en GS et en début d’année de CP ) d’un texte. Les élèves utilisent un traitement de textes pour taper et mettre en forme leur texte ou leur phrase. Ces textes sont imprimés (trace écrite) et en parallèle l’enseignant les publie sur le site avec leur éventuelle illustration (dessin scanné, photo).Les élèves peuvent ensuite retrouver leur texte sur le site (activité de lecture), le montrer à leurs parents ou entre eux (activité langagière). En fin de CP et en CE1, il est possible de proposer à l’élève de taper son texte directement sur l’interface après lui avoir montré la procédure et les mots du lexique spécifiques à ce type de site.

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